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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 20:00
Bienvenue au Festival Pigalle qui se déroule trois jours par an (en mars) et nous fait découvrir ce quartier en mode nocturne ! 

Commençons par jouer au Bingo Bobo ! La salle est remplie de beaux parisiens, de tables de girls, de tables de bobos, de beaux mecs, ... Imaginez-vous avec votre fiche de numéros, la roue de boules qui tourne, l'annonce du numéro pioché, cocher votre grille, on se prenait au jeu, on était déçu, on avait l’espoir de remplir une ligne, puis toute la grille, les confettis nous consolaient, la musique nous animait, certaines gagnaient, d'autres buvaient.

 

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Les lots étaient des slips d’homme, des bouteilles de vin, des sacs et des sex toys ! Nous étions en plein Pigalle ! La soirée était animée par une équipe tout droit sortie du dernier Elle : chemises en jeans, cheveux ébouriffés, chignons buns, bracelets colorés. Le kif !

 

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Puis à 23h, nous avons suivi un parcours nocturne. Vous vous imaginez un truc underground réservé à des aficionados, n'est-ce pas !!?? En fait, il suffit de prendre des places sur Fnac.com ! Plusieurs parcours sont proposés pendant trois soirées.

 

Le parcours pour une vingtaine de personnes était animé par notre guide, Sylvanie de Lutèce, aux accents de titi parisien, qui se rapprochait plus de la Gelsomina de La Strada que de La Goulue de Lautrec.

 

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La Goulue, justement, et son histoire dans le quartier de Pigalle, c’est elles que nous avons suivies pendant 1h30. Le départ se fit depuis la villa Frochot

 

Nous attendaient trois performances de cabaret, joliment libertines, très artistiques, un poil érotiques, jamais vulgaires et toujours magiques.

 

La première se tenait dans la cave du Caveau des artistes

 

Descendre un escalier escarpé dans la pénombre. Se tenir au mur. S’asseoir sur le sol d’une petite pièce avec une micro scène. La performance commence sur de la musique langoureuse. Une femme asiatique danse lentement. Elle s’approche avec des bols remplis de produits phosphorescents. Elle est à un mètre de moi. Elle a un corps sublime. Elle est nue. Complètement nue. Seul le noir l’habille. Je ne pense plus à rien. Elle trempe l’index de chaque main dans la crème blanche, se poudre le visage de blanc, puis la bouche de rouge. Geisha ! Puis elle dessine les os de ses bras, de sa cage thoracique, de ses cuisses, de ses jambes. Méticuleusement, elle utilise ses majeurs pour changer de crème. Elle est passée au rouge ! Que va-t-elle exprimer de ce rouge ardent et brillant ? Elle dessine un cœur autour de son sein gauche. Elle a des seins magnifiques, petits, fermes, doux. Elle reprend du rouge. L’autre sein ? Non, sa main descend vers son pubis, joliment épilé. Elle dessine un cœur. Un cœur sur le pubis. "Oh" soupire-t-on dans l'assistance, un "oh que c'est beau". Elle se recule, danse encore un peu et nous quitte, tous subjugués.

 

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A peine remis de cette première émotion, nous reprenons notre balade en passant une grille et entrons dans une ruelle. Un hôtel particulier nous attend. Il s’agit de la Villa Clara

Nous sommes chez Clara. Clara loue parfois les lieux pour des films, des hôtes, des animations. L’escalier est en colimaçon. Les tableaux au mur, coquins. Les objets, éclectiques. Les livres, décadents. Une chambre d’étoffes s’ouvre à nous dans une rotonde.

 

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Puis nous pénétrons religieusement dans un boudoir salle de bain où une femme nue prend son bain. Son homme à la tête de gorille joue de la guitare. Nous nous installons. La performance commence. Et quelle performance !!

 

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Elle se met à chanter l’art de la fellation. Sa voix est cristalline et résonne dans la baignoire. Les paroles sont enjouées, coquines, drôles. Aucune vulgarité. Elles prônent la fellation comme régime. Avaler ferait mincir. Vitamines, protéines. Quand elle eut fini de nous convaincre, la chanson enchaîne sur l’art de la sodomie, où là ce n’est plus aussi simple. Il s’agit de pouvoir et de politique ! Elle prend des lunettes et se met à lire le journal dans son bain en chantant. Un enchantement !

 

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Je regrette de ne pas avoir enregistré les paroles. Elles m’ont trop plu et je ne puis les reformuler sans perdre leur essence. L’interlude terminé, il nous faut quitter les lieux. Quel regret, j’aurais pu écouter sa voix, soutenir son regard pendant des heures.

Nous crions des bravos ! Des bravos dans une salle de bain. J’ai l’impression d’être au début du siècle quand les femmes de Pigalle envoyaient leurs jambes en l’air sur scène. Quelle surprise se devait être pour le public de l’époque, quels émois cela devait provoquer.

Nous discutons un peu avec notre hôtesse Clara, femme éclectique et sympathique, comme sa maison.

 

Nous nous arrêtons devant une maison au 1 rue Frochot, rachetée un temps par Sylvie Vartan, qu'elle n'a jamais habitée et qui serait hantée. 

 

Enfin nous rejoignons le Calamity Jane où s’est tenu le Bingo pour une ultime performance. Un spectacle de cabaret, de magie, de striptease où notre dernière performeuse, grande, mince, blonde, maquillée, clownesque, finit « à poils » dans une tenue fort ironique : touffes de poils de fauve sous les aisselles, sur le pubis et une queue de lionne ! Des sourires, des rires, des applaudissements pour finir ce parcours nocturne d’étonnements, de ravissements et de dépaysement.

 

Fellini n’est pas loin… Je le comprends tant soudain.

 

Vivement l'année prochaine !

 

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Published by 100sens - dans Art & Culture
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